Le monde part en zigue zigue, on le sait.
Nous vivons tous, plus ou moins, les mêmes événements de vie et nous les vivons tous très différemment selon des tas de critères, on le sait.
Du coup, chacun évolue à son rythme.
Sauf en cas de circonstances exceptionnelles où là il faut s’adapter, survivre, souvent avec beaucoup d’entraide.
Je pense aux guerres, aux famines, aux épidémies, aux maladies lourdes, aux accidents, aux catastrophes. Et c’est là que nous sommes. Dans une intensification de tout ça.
Alors mon avis c’est qu’on ne s’en sortira qu’avec encore plus de bienveillance, de force et de détermination. J’en suis certaine. Ce sera difficile mais c’est la seule issue réelle.
Jusqu’où allons-nous pouvoir rester dignes ?
J’aime bien ces chaînes de télé belges qui ont décidé, toutes ensemble, de ne pas inviter les partis fascistes. Du coup, ces partis n’augmentent pas dans ce pays. Point.
J’ai beaucoup cru à la liberté d’expression mais je crois que l’éthique, la dignité et la décence priment.
Et quand on voit ce qui circule, ça me semble évident.
Alors montrons nos dignités. Donnons-nous de la force.
Je me bats depuis 15 ans pour installer des fours solaires Lytefire surpuissants au Sahel, et je n’y arrive pas, pas comme je voudrais.
Je suis une femme, blanche, privilégiée et en même temps bardée des cicatrices de tout ce que j’ai subi. Je suis aussi légitime qu’une autre à me plaindre mais je ne le fais pas. Je pourrais haïr et je ne le fais pas.
Ai-je toujours été artisane de ma vie ? Non.
Ai-je une meilleure version de moi-même à proposer ? Non.
Ai-je été une victime ? Oui, à certains moments, c’était une étape importante.
Est-ce le résultat de mon karma ? De mes énergies ? Non, car j’ai aussi réussi des tas de choses belles.
Cette espèce de version objectifiée de l’humain comme un être qui devrait être en maîtrise de tous ses choix, en marche vers sa meilleure version sans jamais se plaindre devient insupportable.
Nous sommes tous fragiles et forts à la fois. Tout le temps.
"Nous sommes tous frères et sœurs en ignorance. Avec l’expérience, j’habite l’ignorance différemment mais je ne sais toujours rien." E. E. Schmidt



