
Rien en commun.
Je n’ai rien en commun avec le Mali. Je n’ai même pas été en concert pour écouter "Lalomali". Pas le temps.
J’ai 2 grammes de connaissance historique. Soundiata, Jean Rouch, "La mère des masques", les racines du blues et ça s’arrête là.
Et deux disques.
"Ancient strings" où Sidiki Diabaté et Djelimadi Sissoko dialoguent avec leurs koras.
"New ancient strings" où Ballaké Sissoko et Toumani Diabaté, leurs fils, poursuivent l’œuvre.
Quand Toumani Diabaté est mort en 2024, on aurait dû rendre hommage à la masse de beauté créée et la terre aurait dû s’arrêter de tourner, comme pas mal de fois d’ailleurs mais bon.
Cet album des fils, je l’ai tellement écouté que je le connais à la note près. Il m’a inspiré mon tout premier roman, Fluxus, situé au Mali. Juste parce que j’en avait ras-le-bol des stéréotypes sur "les Africains" , j’ai situé notre futur là, au Mali. C’est un pari sur la beauté.
L’histoire m’oblige. Des masques Dogons en passant par la kora jusqu’aux milices cruelles qui terrorisent les populations.
Je ne sais pas. Je ne sais même plus si nous avons un futur. Mais ce dont je suis certaine c’est que les musiques sont éternelles et que, rien que pour ça, j’ai envie d’y croire encore un peu.
Tout ça parce que je suis tombée tout à l’heure par hasard algorithmique sur le trio de kora porté par Sidiki, Balla et Ahmed Diabaté en hommage à leur père. On y entend les échos des "New Ancient Strings", tissés par ses trois fils. La même famille.
La grande et belle famille des humains à laquelle nous sommes si souvent conviés.
Je vous mets le lien ici.
Le titre du morceau est "Lampedusa", ce qui pour une demi-sicilienne like me irrigue toute la beauté de la terre comme terre d’accueil.



