Bon. On le sait tous et toutes.
Il y a des jours à raccrocher les gants. Vraiment. Boucler tout et mettre un écriteau "partie on ne sait où" sur la porte. Oublier le monde, la masse de choses à faire pour tenter de réparer (un peu) ce qui reste d’équilibre naturel, et de justice sociale autant que de ressources naturelles. Stop.
Bref. La matinée a très mal commencé.
J’ai même failli être cynique à plusieurs reprises et c’est assez rare.
Et puis bon, j’ai ouvert le paquet plat sur mon bureau et dedans il y avait un manuel scolaire avec un four solaire Lytefire et quelques lignes le présentant aux lycéens et lycéennes de France.
J’ai eu comme un petit choc et j’ai dû m’asseoir. Vous me direz "pas de quoi en faire un fromage" et oui. Sauf que non.

Ce petit encart représente quelques milliers de jeunes cerveaux qui n’ont probablement encore jamais entendu parlé de la cuisine solaire et qui vont se prendre une graine d’idée, une graine d’info, à propos d’un truc qui risque de leur servir pas mal si on continue d’aller dans le mur encore et encore. Peut-être pas en France, d’accord. Mais ce mur, des millions de gens y sont déjà et qui sait si parmi ces jeunes il n’y a pas les futurs Urs, les Eva, les Muriel, les Joan, les Sam, les Will, les Arnaud, les Lorin, les Eerik, les Elise, les Maxence, les Stéphane, les Judith, les Jared, les Romain, les Sylvain, les Michel, les Grégoire et tous les autres qui vont se bagarrer pour des trucs vraiment utiles ?
J’ai décroché mes gants du clou. Je les ai remis. Pour la dix millième fois depuis 14 ans.



