J’étais un jour la seule personne blanche dans un bus remplis de personnes à la peau colorée.
Avant cela, je n’étais pas raciste parce que je ne le suis pas, voilà, j’ai lu des livres, j’ai vu des films, j’ai été témoin parfois, et cette idée me fait horreur.
Après ce trajet, non seulement je ne l’étais toujours pas mais j’avais vécu une expérience de 45 minutes d’être en minorité à cause de ma couleur de peau. Personne ne m’a fait la moindre remarque. Il ne s’est rien passé d’autre que ça : je suis blanche, je ne suis pas "chez moi", ils et elles sont tous dans la palette des noirs, caramels, ambrés. Je n’ai rien compris de plus mais j’ai eu accès à un petit bout de ressenti de ce que ça pouvait vouloir dire de vivre avec la masse de stéréotypes collés à "être noir".
Plus tard, dans un autre pays, j’ai pris dans la figure la masse de stéréotypes collés à "être blanche", avec son lot de privilèges hautement questionnables. Déconstruire ces privilèges, être jugée pour avoir le temps (et donc le luxe) de le faire et en être d’autant plus privilégiée. Et être de toutes façons suspecte, tenue pour responsable de toute la misère du monde, ce socle de la haine de l’Occident.
Les racistes de tous horizons se trompent de cible. L’ennemi n’est bien évidemment ni la peau, ni la culture des autres. L’ennemi c’est ce sentiment de supériorité assis sur la peur, et ça n’a pas de couleur.
Ce que je dis ne nie rien des souffrances atroces causées par le racisme.
Je m’en vais écouter cette série pour apprendre apprendre apprendre.



