
C’est sûr qu’on ne voit plus tellement des gueules cassées. Sauf pour celles et ceux qui subissent encore la guerre, hélas.
Ce beau visage détruit est celui de Simo Häyhä, le plus habile tireur d’élite de tous les temps. Dans le cadre de la Guerre d’Hiver qui eut lieu en 1939 entre la Russie et la Finlande, cette habileté a eu une importance très particulière.
Pendant quelques mois, le géant russe de 180 millions d’habitants avait décidé d’envahir la Finlande et ses 3 millions d’âmes. L’affaire aurait dû être pliée en deux-deux mais les Finlandais opposèrent une résistance inouïe.
C’est l’histoire racontée dans Les guerriers de l’hiver d’Olivier Norek dont je ne suis toujours pas revenue tant il est écrit dans un style nerveux, simple, direct, qui sert autant cette histoire vraie que le puissant message qu’elle véhicule aujourd’hui.
Simo n’y est pas le seul héros. Tout le talent de l’auteur étant précisément de faire évoluer une dizaines de personnages dans le chaos et l’horreur.
Ce livre est d’une puissance rare, à vouloir nous transformer tous et toutes en guerriers pacifistes, en activistes de la non-violence, parce que bon sang, quel gâchis de vies !
"— La désobéissance est contagieuse, avait tout de même souligné son second en commandement. Une sanction, si minime soit-elle, pourrait marquer le coup.
— La morale, en temps de guerre, est fluctuante, avait objecté Hägglund. Nous manquons d’armes et de munitions, et ce légionnaire nous en fournit davantage que nos propres usines ! Tant que la désobéissance est couronnée de succès, je préfère la considérer comme de l’initiative."
Les descriptions sont hallucinantes de réalisme et (souvent) d’humanité. L’esprit finlandais, le froid, le sisu (cette force de caractère finlandaise) sont rendus avec justesse. Et puis ce moment, avec le petit Martti, qui deviendra le grand Martti Ahtisaari, prix Nobel de la Paix, est absolument bouleversant.
Je me dis qu’il serait tout de même temps de nous souvenir un peu plus souvent que toutes ces personnes de mille résistances, n’ont pas donné leurs vies pour qu’on reste collés à nos canapés-netflix, non ?




