Eva Wissenz
  • Accueil
  • Journal
  • Livres
  • Podcasts
  • Presse
  • A Propos
  • Contact
  • Instagram Linkedin Mastodon

Que les derniers soient les premiers

Mercredi 15 avril 2026, par Eva Wissenz

Depuis 2008 que je travaille au croisement de l’écologie et de la justice sociale, d’abord dans l’associatif, puis dans l’entreprise sociale de l’impact avec Lytefire, qui a été créée en 2012, j’ai vu beaucoup de promesses.

Notamment celle de la transition écologique douce, progressive, sans heurts, pleine de tech et de belles infrastructures. Un truc qui va gentiment nous bercer vers un futur non-polluant. Un truc qui n’existe pas car l’énergie, c’est le nerf de la guerre, point.

J’ai vu aussi les petits génies de la finance se gaver de crédits carbone jusqu’à ce que ça fasse la "une" du Guardian. Et des projets d’énergie renouvelable aller dans le mur en reproduisant exactement les même dynamiques que n’importe quel projet d’énergie fossile dont le moteur est l’avidité.

Personne ne sait exactement ce qui va se passer ni de quoi notre futur va être fait. Mais ce que tout le monde sait parfaitement tout en s’appliquant à l’ignorer c’est que c’est déjà l’enfer sur terre pour des milliards de gens.

L’eau propre, c’est vital. Assez de nourriture, c’est vital. L’accès au soin, c’est vital. L’accès à l’énergie, c’est vital. La paix, c’est vital. C’est la base de la base. Et cette base manque encore à des milliards de personnes.

Or, 100% des gouvernements actuels ne placent pas cette base au sommet de leurs agendas.

Pour l’énergie propre de la cuisine au quotidien il y a nous. Lytefire, le réseau des Solar Cookers International, les grands cuiseurs de W. Sheffler, des dizaines d’assos avec des petits cuiseurs, bref une poignée de personnes ultra-motivés pour alléger le fardeau de quelques dizaines de milliers de personnes.

Dans le monde de l’énergie, nous sommes dérisoires, presque invisibles, en dépit d’efforts titanesques. Exactement comme les personnes que nous servons.

Face au panneaux photovoltaïques et aux batteries gorgées de métaux rares, toutes les solutions simples, ne pèsent pas bien lourd. Même si tous les ingénieurs.es savent qu’il n’est pas besoin de passer par l’électricité pour avoir de la chaleur. Tout de même, ces experts.es s’obstinent à vouloir "développer", à penser "globale" quand tous les indicateurs pointent sur la force des solutions locales.

Ce n’est rien moins qu’un déni de réalité. Un de plus.

Mais sur le terrain, on le voit. Ce qui l’emporte, c’est l’intelligence des mains. Fermiers, artisans, réfugiés forcés de se reconvertir, toutes celles et ceux qui n’apparaissent pas dans les grands plans. Celles et ceux que certains ose même qualifier de "last mile". Eux, elles, c’était nous hier et c’est peut-être nous demain. Leur gagne-pain est entre leurs mains. Il est grand temps que leur énergie soit aussi entre leurs mains.

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?


Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

La Lytefire est féminine

Une des motivations de base pour nous, et en tout cas pour moi, c’était de soulager les femmes des pays déjà très exposés à la déforestation et à la crise climatique. Nul besoin d’un doctorat pour comprendre que l’énergie à laquelle tu as accès va conditionner ta vie. Si tu as une prise (…)

Lire la suite

Perte

Quelle tristesse. Mr Jean Ziegler était un intellectuel militant de premier plan pour les droits humains et la justice. Son énergie était vraiment impressionnante. J’avais eu l’honneur de son attention pour mon premier roman sur l’avenir écologique de l’Afrique.

Lire la suite

La racine de toute ma motivation c’est ça

La racine de toute ma motivation c’est ça : une humaine mendiant dans une rue, dans une ville débordante de richesses. C’était à Casablanca🇲🇦 pendant mon enfance et une partie de mon adolescence. Parce qu’une partie de ma famille y avait émigré il y a longtemps, pour fuir la misère chez eux, (…)

Lire la suite

Saine colère

Il a dit : « J’étais heureux, dans un pays malheureux, parce que je faisais quelque chose qui me semblait juste et bien. Résister c’est ça » Je reviens sur Edgar Morin. Il mérite mieux que toutes les notices nécrologiques qui circulent. Oui, mieux que cette litanie de "je l’ai connu", "je lui (…)

Lire la suite

Home Flux RSS Login