Depuis 2008 que je travaille au croisement de l’écologie et de la justice sociale, d’abord dans l’associatif, puis dans l’entreprise sociale de l’impact avec Lytefire, qui a été créée en 2012, j’ai vu beaucoup de promesses.
Notamment celle de la transition écologique douce, progressive, sans heurts, pleine de tech et de belles infrastructures. Un truc qui va gentiment nous bercer vers un futur non-polluant. Un truc qui n’existe pas car l’énergie, c’est le nerf de la guerre, point.
J’ai vu aussi les petits génies de la finance se gaver de crédits carbone jusqu’à ce que ça fasse la "une" du Guardian. Et des projets d’énergie renouvelable aller dans le mur en reproduisant exactement les même dynamiques que n’importe quel projet d’énergie fossile dont le moteur est l’avidité.
Personne ne sait exactement ce qui va se passer ni de quoi notre futur va être fait. Mais ce que tout le monde sait parfaitement tout en s’appliquant à l’ignorer c’est que c’est déjà l’enfer sur terre pour des milliards de gens.
L’eau propre, c’est vital. Assez de nourriture, c’est vital. L’accès au soin, c’est vital. L’accès à l’énergie, c’est vital. La paix, c’est vital. C’est la base de la base. Et cette base manque encore à des milliards de personnes.
Or, 100% des gouvernements actuels ne placent pas cette base au sommet de leurs agendas.
Pour l’énergie propre de la cuisine au quotidien il y a nous. Lytefire, le réseau des Solar Cookers International, les grands cuiseurs de W. Sheffler, des dizaines d’assos avec des petits cuiseurs, bref une poignée de personnes ultra-motivés pour alléger le fardeau de quelques dizaines de milliers de personnes.
Dans le monde de l’énergie, nous sommes dérisoires, presque invisibles, en dépit d’efforts titanesques. Exactement comme les personnes que nous servons.
Face au panneaux photovoltaïques et aux batteries gorgées de métaux rares, toutes les solutions simples, ne pèsent pas bien lourd. Même si tous les ingénieurs.es savent qu’il n’est pas besoin de passer par l’électricité pour avoir de la chaleur. Tout de même, ces experts.es s’obstinent à vouloir "développer", à penser "globale" quand tous les indicateurs pointent sur la force des solutions locales.
Ce n’est rien moins qu’un déni de réalité. Un de plus.
Mais sur le terrain, on le voit. Ce qui l’emporte, c’est l’intelligence des mains. Fermiers, artisans, réfugiés forcés de se reconvertir, toutes celles et ceux qui n’apparaissent pas dans les grands plans. Celles et ceux que certains ose même qualifier de "last mile". Eux, elles, c’était nous hier et c’est peut-être nous demain. Leur gagne-pain est entre leurs mains. Il est grand temps que leur énergie soit aussi entre leurs mains.




