Quand je n’ai pas d’image, je mets ce bleu parce qu’il est beau.
Je n’ai lu aucun de ses livres. Le personnage m’étouffe. Mais comme il faut envisager de quitter ce monde un peu moins ignorante que je ne le suis, pour une raison qui m’échappe, ou peut-être tout simplement parce que j’aime bien l’émission des Lueurs, j’ai écouté cet entretien avec cet écrivain.
Il lui est arrivé une horrible chose à l’âge de 12 ans, un abus inouï. "C’est là que j’ai compris le problème de la souffrance, à savoir que Jésus avait souffert mais vraiment souffert, c’est là que je suis devenue hantée par ça. Comment accepter la souffrance ? Que Jésus ait accepté de souffrir pour nous ? Où est le salut de la souffrance ? Comment vivre avec le scandale de la souffrance ?"
Au même moment et pour des raisons différentes, j’avais porté la même question que j’ai tenté de résoudre dans l’expérience autant que dans la littérature. Alors forcément, elle a toute mon attention.
Elle s’est sentie trop fragile, trop jeune face à une question pareille. Puis elle a publié tous ses livres.
"Pourquoi est-ce que le Christ, être supérieur, j’en suis certaine, a pu accepter la souffrance en croyant que ça allait nous sauver ? (...) Est-ce qu’on a l’air d’être sauvés ? (...) Comment est-ce que le Christ a pu se tromper ? Car il s’est trompé, nous ne sommes pas sauvés, alors comment un être à ce point supérieur a-t-il pu commettre une telle erreur ?"
Elle dit que la réponse - ou du moins un élément de réponse - se trouve dans un de ses romans, "Soif", paru en 2019, près de 40 plus tard. Ni une, ni deux, je vais prendre mon train de retard et je vais le lire. A reculons parce que vraiment je n’aimerais pas lire une fausseté intellectuelle, mais avec soif de découvrir aussi, et une certaine reconnaissance envers ce culot qu’elle a d’oser poser la question.
Parce que oui, toute chrétienne que je suis, l’erreur ne me fait plus peur.



