Dans un monde vacillant, il y a parfois des semaines qui font du bien, où l’on échappe un peu à la gravité.
La belle progression des listes citoyennes en France (159 élues) aux dernières élections municipales, sans avancée significative du RN.
Le refus du référendum de la justice et de la modification de la Constitution proposés par le gouvernement Meloni. Première grande défaite populaire depuis que le fascisme pilote l’Italie (2022).
La marche des mères palestiniennes et israéliennes dans les rues de Rome. Leur slogan : "Il n’y a pas de chemin vers la paix, la paix est le chemin." C’est même le seul et il serait temps de s’y mettre vraiment.
Au Chili, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Santiago et et de 14 autres villes du Chili contre la politique du nouveau président d’extrême droite José Antonio Kast. Il a en effet suspendu la semaine dernière l’entrée en vigueur de 43 décrets sur la protection de l’environnement.
Au États-Unis, 24 États (dont la Californie, New York, le Connecticut) et une douzaine de villes ont porté plainte contre l’administration Trump pour avoir renoncé à son pouvoir de lutter contre le changement climatique.
Et enfin hier, aux Nations Unies, a été votée la reconnaissance de l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves africains de « plus grave crime contre l’humanité ». Elle arrive tard, mais c’est une symbolique tellement importante.
Ce vote a été de 123 pour, 3 contre (sans surprise) et 52 en abstention, incluant la totalité des pays européens.
Et une fois de plus, j’ai honte. Comment la Finlande, qui a tant été colonisée par ses voisins sans jamais coloniser personne n’a-t-elle pas voté en faveur. Oui, j’ai honte des miens qui marchent sur la tête et à l’envers de l’histoire.

Comment la France, pays de la liberté qui a aboli l’esclavage et l’a déclaré illégal en 1848, a-t-elle pu s’opposer à cette décision ?! La justification en est qu’il n’était pas nécessaire de voter puisque la loi Taubira de 2001 avait fait de la France le premier pays à reconnaître que la traite et l’esclavage constituent un crime contre l’humanité. D’autres pays ont redouté la "hiérarchisation" des crimes contre l’humanité. D’autres encore redoutant des demandes de réparation, comme si c’était "réparable" et comme si la règle était que l’on applique la loi contemporaine aux crimes du passé. Non, la loi applicable est celle en vigueur à l’époque des faits historiques.
Bref, la semaine n’est pas terminée et on continue de plus belle dans ce monde divisé, avide et violent. En attendant la fin du programme mondial, "Ni chaînes. Ni maîtres" est un excellent film à voir, ou revoir.
En attendant le 28 mars prochain, date de la manifestation No Kings (merci les Sans-Rois remis en lumière par Pacôme Thiellement).



