
Toutes celles et tous ceux qui ont eu à traverser une obscurité sévère vous le diront, il suffit parfois d’un rien.
Le sourire de fillette victorieuse de la pianiste Martha Argerich au sortir d’un passage de Chopin difficile à jouer (ici à 5:30). L’éclat de la très grande poésie de Catherine Pozzi (photo).
Il suffit parfois de ça, 45 secondes de sourire et 1 minute de poésie pour faire tenir tout un livre, toute une vie peut-être et peut-être même la réalité d’Emmanuel Carrere, qui sait ?
Toujours avec mon train de retard, je viens de terminer Yoga qui n’est déjà plus d’actualité, remplacé cette année par Kholkoze, pas encore lu mais qui parle de la Georgie alors je vais le lire.
Il y a 3-4 ans, j’avais commencé D’autres vies que la mienne qui m’était tombé des mains. Poseur. Insupportable. Nombriliste. Pouah ! Et ça devait s’arrêter là.
Pourquoi me suis-je lancée dans son Yoga ? Que j’ai lu d’une traite ce qui est assez rare pour moi.
D’une traite et au flair, guettant la posture et au final si touchée par l’honnêteté intellectuelle de l’auteur qui semble avoir tant besoin de sincérité pour pouvoir respirer.
Paru chez POL je vous le recommande d’autant que, en plus de sillonner un labyrinthe intérieur allant d’un tapis de yoga à l’engloutissement mental avec une sorte de légèreté (ce qui est un tour de force), on explore ici un vrai roman d’amour.
Où en effet cet homme, vidé, ouvert, brisé, recousu, ne se relève finalement qu’auprès de femmes. Et en l’occurrence pas des moindres. Martha. Catherine. Et quelques autres.
L’amour n’est pas le sujet mais c’est en réalité LE sujet qui file tout au long de cette traversée.
"Très haut amour, s’il se peut que je meure
Sans avoir su d’où je vous possédais,
En quel soleil était votre demeure
En quel passé votre temps, en quelle heure"
Catherine Pozzi
Soyons heureux autant qu’on peut :)



