Ce matin, elle me dit, avec une belle justesse : "Eva, ce qui vous ralentit dans ce projet créatif c’est votre impatience."
Elle a raison et je le sais bien que je suis impatiente. C’est même un des premiers livres que j’ai écrit, le Carnet de l’impatiente. Je devrais dire que c’est même l’un de mes plus grands défauts. Bien sûr, j’ai appris. Sauf que dans l’état d’urgence environnementale, sociale, politique, humaine dans lequel on vit, il vaudra quand même mieux accélérer un peu... non ?
Je ne pense qu’en fulgurances, je suis à fond tout le temps avec au-dedans en permanence les 23 premières secondes de Und Bach ? (et tout le morceau, son Solfeggietto, l’ensemble de ses interprétations + Jacques Loussier, un prélude du soir au matin).
Tout me demande d’arrêter, de ralentir et de m’écouter en même temps. C’est vrai, parfois c’est bien de ralentir mais en vrai, c’est non. Je préfère m’écouter vraiment, écouter la vitesse de la lumière en moi et, tiens, j’ai récemment appris à l’aimer sans m’y brûler. Et toc.




