
Avec sa sagesse de jardinier, l’’immense Christian Bobin disait : "Il n’y a pas de plus grande joie que de connaître quelqu’un qui voit le même monde que nous. C’est apprendre que l’on était pas fou."
Nous avons raison d’y croire et nous ne sommes pas fous.
Des anarchistes rêvent de tout changer, des écologistes aussi, des artistes, des socialistes, d’anciens communistes, des centristes et même des fascistes rêvent tous de la même chose en fait je crois : la paix, la stabilité, la justice, la sécurité.
Et pourtant... les définitions, les concepts, les expressions, les méthodes évidemment, divergent au point de créer sans cesse tout le contraire, à savoir le chaos et la souffrance.
Certains se sentent en paix avec peu et pour d’autres la sécurité se cale sur l’avidité.
Comment faire ?
Je vois des lignes qui bougent, des gens que rien ne rapprochent qui se parlent, qui se rencontrent, qui font lutte ensemble, front commun naturellement, comme cette femme qui s’appelle Fleur je crois avec son cancer, qui se bat avec les agriculteurs contre les pesticides avec le soutien d’écolos qui n’ont jamais touché les pis d’une vache mais qui voient bien le problème.
C’est un cercle vertueux face aux cercles verreux des avides qui n’en n’ont rien à faire tant que leur sécurité sociale et matérielle est assurée sans rien changer. Business as usual. Avides contre affamés. Vieille rengaine.
Et pourtant, derrière tous les discours, les manifs, les postures et les brisures, il y a nos corps qui s’enfoncent tous dans le sommeil, embrassent, mangent, pissent, dansent.
Nous sommes déjà en commun, bien malgré nous nous avons tout en commun.
Alors comment faire ?
Je ne sais pas.
Mais je sais comment être . Et je crois que l’être est un chemin qui peut mettre beaucoup de différentes personnes en harmonie.



