Eva Wissenz
  • Accueil
  • Journal
  • Livres
  • Podcasts
  • Presse
  • A Propos
  • Contact
  • Instagram Linkedin Mastodon

J’ai comme un doute...

Samedi 18 janvier 2014, par Eva Wissenz

Dans l’édition une case remplie, savoureuse, juteuse et alléchante au possible, est celle de la littérature jeunesse. Il se trouve que par mon travail sur LaSeiche j’ai l’occasion d’en lire souvent, et quel délice. Tellement même que je n’ai envie de lire que ça et me demande où se situe la différence entre la littérature jeunesse et "l’autre" ?

Dans Une saison avec Jane-Esther, Shaïne Cassim construit un récit d’initiation parfait — initiation à tous les drames de la vie, à l’essentiel de la création, aux chaos de l’amour, aux blessures du racisme. Quelques semaines de la vie d’une jeune fille traversée par une poule aux coudes pointus, allongée au bord d’une rivière du Sud des Etats-Unis. Une petite merveille.

"Je ne parlerai pas de ce qui a changé ni de tout ce qui reste encore à changer.
Je parlerai à celles et ceux qui sont là et pas à ceux qui sont partis.
Je parlerai de ce qui me réjouit.
Du mystère et de l’inconnu. De la sensation et de l’intuition poétique. De ce qui nous conduit à montrer le monde non pas tel qu’il est, mais tel que nous le sentons. Car le monde réel est celui que nous sentons. Ne croyez pas au monde qu’on essaie de nous vendre, trouvez le vôtre et confrontez-le à ceux qui ont rencontré le leur. Oubliez ceux qui n’ont ni secrets ni silences ni questions, car ne possédant pas cela, ils ne possèdent rien et n’ont rien à vous offrir. Avec les années, les rencontres et les voyages, j’ai aussi compris que la sensation est souveraine, à condition de ne pas la confondre avec une impression..."

Eden Villette flâne, traque sa poule, s’élance en amour, cernée évidemment par toute l’immémoriale folie du monde, intensément forte pourtant par son ancrage dans la poésie qui, quoi qu’on en dise, n’a pas déserté nos contrées.

Et puis, je me suis plongée dans un court récit, Au pays des pierres de lune, de Tania Sollogoub et là encore, stupeur. C’est tellement simple au fond. Une grand-mère russe, des souvenirs d’émigration, un monde d’avant, la convivialité à l’oeuvre et le beau jeune homme fulgurant qui traverse son coeur, de part en part. Je n’ai posé le livre qu’une fois terminé, triste et gaie, enchantée de toute la vie qu’il contient et qui ramène à la vie.

D’abord désorientée, j’ai finalement trouvé ce qui définit la littérature jeunesse. Premier point, les personnages principaux y sont (le plus souvent) jeunes et l’intérêt de la manoeuvre est qu’il n’ont pas encore totalement absorbé la croyance illusoire "qu’on ne peut rien changer que voulez-vous c’est comme ça", et ça vaut son pesant de cacahuètes par les temps qui courent.

Second point, les auteurs supposent que les lecteurs ont des centres d’intérêt un chouia plus palpitants que (au choix) la dépression, la crise, la misère humaine, le catalogue complet des perversions modernes et des violences de l’histoire — ce qui permet là encore de reprendre son souffle croyez-moi. Enfin, en toute logique, les histoires ne sont pas déprimantes. Allez, place aux "jeunes" ! Ruez-vous !

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?


Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Le constat

Il est assez dingue de se dire que nous sommes la seule espèce qui fait société en payant la totalité de ce que la nature fournit (fournissait) gratuitement, tout en la détruisant. En fait, nous vivons dans un monde où il n’y a plus personnes nulle part. Les gouvernements sont absents. La (…)

Lire la suite

La Lytefire est féminine

Une des motivations de base pour nous, et en tout cas pour moi, c’était de soulager les femmes des pays déjà très exposés à la déforestation et à la crise climatique. Nul besoin d’un doctorat pour comprendre que l’énergie à laquelle tu as accès va conditionner ta vie. Si tu as une prise (…)

Lire la suite

Perte

Quelle tristesse. Mr Jean Ziegler était un intellectuel militant de premier plan pour les droits humains et la justice. Son énergie était vraiment impressionnante. J’avais eu l’honneur de son attention pour mon premier roman sur l’avenir écologique de l’Afrique.

Lire la suite

La racine de toute ma motivation c’est ça

La racine de toute ma motivation c’est ça : une humaine mendiant dans une rue, dans une ville débordante de richesses. C’était à Casablanca🇲🇦 pendant mon enfance et une partie de mon adolescence. Parce qu’une partie de ma famille y avait émigré il y a longtemps, pour fuir la misère chez eux, (…)

Lire la suite

Home Flux RSS Login