Eva Wissenz
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L’amour libère.

Jeudi 28 juin 2018, par Eva Wissenz

L’amour libère.
Et comme tu étais libre ma chère amie !

Parce que tu étais si vivante, il me sera impossible de te vivre au passé. Habitée par un tel amour, vivante, tu le seras toujours.

Tu as commencé par t’appuyer sur moi, sur ma foi, et au fil des mois c’est moi qui me suis appuyée sur toi. Notre amitié est née comme ça, un don du ciel.

J’ai été honorée de t’accompagner de mon mieux dans cette traversée de tes doutes, de tes manques, d’être témoin de ta recherche spirituelle et humaine si sincère, de ces pas vers tes fils, tes amis, tes petits-enfants, tes confrères. Te voir tenter, espérer, explorer, aimer la réconciliation et l’apaisement, encore et encore.

Au plus tu avançais, au plus tu aimais, au plus tu étais libre.

Nous étions loin géographiquement, chaque rencontre était une joie partagée.
J’ai été honorée de ton amitié qui m’a apportée bien plus que je ne puis dire, honorée de te serrer dans mes bras, de te reconforter à chaque fois qu’il le fallait, de te bousculer parfois aussi un peu pour que tu oses demander de l’aide.

Grâce à toi j’ai énormément appris sur ce que c’est que "aider". Thérapeute si appréciée de tes patients, tu m’as guidée à ta façon lorsque ma foi était ébranlée. C’est dans la miséricorde que tu exprimais ton essence, dans ta patience inouïe et ta lucidité de coeur. Ton intelligence vive et ton immense culture m’ont fait découvrir d’autres approches, d’autres chemins. D’une élégance rare, d’une générosité simple, tu m’as accueillie et couverte de présents de toutes sortes et réconfortée aussi. L’échange était mutuel, et juste, je t’en remercie encore.

Nous avons en commun d’avoir changé de vie plusieurs fois et d’être arrivées à la même conclusion par des chemins différents : le pardon est la seule voie, l’amour la seule réalité.

J’avais envie que tu vives vieille, j’avais envie que tu en finisses avec tes failles, j’avais envie que nous puissions continuer à boire des thés en parlant du mystère du Christ, de la folie des hommes et de la beauté de nos enfants, j’avais envie de voir des printemps sur ta terrasse et de te faire découvrir le grand calme de la Finlande.

Je le ferai, à ma façon, parce que je crois à la vie éternelle et que tu es dans mon coeur pour toujours.

Tout le bien a été fait. Sois en paix ma chère amie.

Visitation... C’était la joie immense qui a présidé à toutes nos rencontres, porteuses de notre foi et de nos créations...

Elisabeth est décédée dans la paix le 28 mai dernier, à 60 ans, d’un cancer du sein.

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