Eva Wissenz
  • Accueil
  • Journal
  • Livres
  • Podcasts
  • Presse
  • A Propos
  • Contact
  • Instagram Linkedin Mastodon

Refuge

Mercredi 28 novembre 2012, par Eva Wissenz

"Je sais de quelle solitude ma mère me parle. C’est celle qui me soutient et me protège de mes pensées. Celle qui me rend totalement présente. Je suis le désert. Je suis les montagnes. Je suis le Grand Lac Salé. Il est d’autres langages, parlés par le vent, par l’eau et par les ailes. Il est d’autres vies à prendre en considération : les avocettes, les échasses et les pierres. La paix est la perspective que l’on trouve dans les constantes. Quand je vois les goélands à bec cerclé arracher la chair d’une carpe en décomposition, j’ai moins peur de la mort. Nous ne sommes ni plus ni moins que la vie qui nous entoure. L’isolement fait remonter mes peurs à la surface. La solitude m’apporte la sérénité." (p. 42)

C’est difficile d’écrire quelque chose sur ce livre. Qui est pourtant l’un des grands livres bienfaisants de ces derniers temps.

D’abord il y a les Américaines - cette Américaine en particulier, Terry Tempest Williams : passionnée par les oiseaux du Grand Lac Salé, activiste, qui a vu tant de femmes de sa famille privées d’un sein, mourir de cancer, des femmes, des oiseaux et la foi, voilà sa vie.
Terry Tempest Williams a le cran de dire qu’il existe un lien entre ces drames et les essais nucléaires réalisés dans ces coins déserts du pays. Elle me fait penser à toutes ces femmes, d’Amérique et d’ailleurs, d’un courage hallucinant, qui lancent des alertes, sont présentes sur tous les fronts, militent, soutiennent, y croient, un jour après l’autre. Elle me fait penser à des héroïnes de roman, sauf qu’elle c’est pour de vrai.

"C’est curieux, ce besoin que nous avons de créer autour de nous un environnement qui nous soit étranger. En 1985, il s’est vendu plus de quatre cent cinquante mille flamants roses en plastique aux États-Unis. Et ce nombre ne cesse d’augmenter.
Des flamants roses en équilibre instable sur nos pelouses de banlieue, voilà le lien fort peu naturel que nous établissons avec le monde naturel." (p. 106)

Terry a grandi dans ce coin d’Amérique dont personne ne voulait, autour du Grand Lac Salé, un coin perdu choisi par les Mormons - à moi que ce ne soit le lieu qui ait choisi de garder le tous premiers pionniers. Façonnée par ce paysage qui change à mesure que le niveau de l’eau monte, ou descend, Terry va du chevet de sa mère à ses oiseaux dont l’existence est aussi menacée car l’eau est en train d’inonder les terres et, contrairement à n’importe quelle autre espèce, nous ne nous adaptons pas à ce changement : nous l’adaptons à nous à coup de pompage. Et sa mère meurt.

Terry, sa lignée et sa tribu sont de ces femmes qui nourrissent le cercle, qui n’ont pas froid aux yeux, ni peur des mots, "tanquées" comme on dit à Marseille. Et s’en vont protéger leurs biens qui n’est rien d’autre que notre bien commun, en chantant, en entrant dans un centre d’essais nucléaires, sans autres armes que leurs convictions.

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?


Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

La nouveauté

« L’arbre est devant la fenêtre du salon. Je l’interroge chaque matin : ‘Quoi de neuf aujourd’hui ?’ La réponse vient sans tarder, donnée par des centaines de feuilles : Tout. » Christian Bobin, in La Présence pure

Lire la suite

La vibration

« Mon but était de présenter au public une possibilité d’illumination de la matière picturale colore en soi qui fait que tout état de chose physique, pierre, rocher, bouteille, nuages, peut devenir un objet de voyage par imprégnation pour la sensibilité humaine du lecteur dans la sensibilité (…)

Lire la suite

Ni noire, ni blanche

« La beauté est en elle-même dangereuse et conflictuelle, pour toutes les dictatures, parce qu’elle implique un territoire qui va au-delà des limites dans lesquelles cette dictature soumet les êtres humains. » Reinaldo Arenas, Antes de anochezca. Aucun peuple ne sera jamais supérieur à (…)

Lire la suite

"A new narrative of public wealth"

Very interesting talk from Timothée Parique at ChangeNow. These 16 minutes are worth of your time to get a clear picture of the new economy we need because yes, "green capitalism is a story we tell to avoid changing the system." And it’s a toxic story if I may. I loved the sharp questioning of (…)

Lire la suite

Home Flux RSS Login