Eva Wissenz
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S’en sortir

Samedi 26 avril 2025, par Eva Wissenz

J’essaie de sortir de la vision polarisée et des antagonismes.

Comment va-t-on se sortir de ce merdier ?

Je me suis vue négocier des ventes de plusieurs milliers d’euros depuis la petite cuisine de mon HLM en Finlande avec le papier peint brouillé derrière moi dans des centaines de visios parce que Lytefire ça n’a longtemps été que ça : 6 ordinateurs portables, 3 en Finlande, 1 en Suisse, 1 en France et 1 au Canada, ou au Kenya ensuite.

6 cerveaux. 6 cœurs. 6 bonnes volontés.

Une année, par exemple, une seule vente avait permis d’installer 11 fours solaires en Ouganda, de former 10 groupes à la boulangerie solaire et d’impacter une centaine de personnes (les participants et leurs familles).

Cette année-là, 792 arbres n’ont pas été coupés. 187 tonnes de CO2 n’ont pas été émises. Et les poumons de tout le monde n’ont pas été exposés aux fumées de bois, une des causes de mortalité les plus fortes.

J’avais fait cette vente. 8 mois de travail en amont. Un projet magnifique, bien préparé, bien implémenté, bien suivi avec de la création d’emplois sur la moitié des groupes au long terme.

Est-ce que ça valait le coup ? Est-ce que j’aurais dû faire plus ? Mieux ? Qui sait ?

Pour faire ça, j’ai tout mis de côté. La mode, les loisirs, les vacances, tout le non nécessaire, ma santé aussi, et ça ne m’a jamais dérangée. Je suis très motivée c’est tout.

Mais j’en ai vu passer des facteurs bloquants et des jugements. Toujours, le manque de curiosité et la mauvaise foi m’interrogent.

Je viens encore de recevoir un mail d’un homme déçu de ne pas trouver nos plans gratuits pour pouvoir bidouiller dans son jardin.

"Pardonnez ma brutale sincérité," m’écrit-il," mais je pensais avoir affaire à des gents altruistes et je me retrouve face à un mercantilisme de base. "

P***** de mec de m**de qui ne connaît encore rien à l’entreprenariat social.

J’avais fait cette vente et bien plus avec un laptop, depuis la cuisine de mon HLM, en Finlande, en élevant deux enfants seule assez rapidement et en étant à moitié payée la plupart du temps.

Je demande ni médaille ni fleurs ni couronnes mais juste le respect.

Je repense à cet entretien si fort entre l’écrivaine sénégalaise Fatou Diomé et Mouloud Achour, sur Clique. Il lui demandait si elle avait peur de Marine :
"– Peur ? Non, c’est elle qui a peur de moi ! Le rejet a toujours peur de l’amour. Je suis venue en France par amour de son histoire lumineuse, celle qui met Marie-Antoinette au trou et Victor Hugo au Panthéon, je suis venue par amour et rien ne me fera rejeter la France."

Voilà. Je suis en amour de la France, de l’Italie et de la Finlande, des gens qui font ces pays qui sont "chez moi", je suis en amour de l’Afrique et de l’humanité en général et de celle qui bosse dur à changer les choses vers un peu plus de justice sociale plus particulièrement.

Que ce soit des salariés de grands groupes, des paysans, des amis, des salariés d’ONG, des parents, des retraités qui font une association, tout compte. TOUT.

Mais qu’est-ce qu’on peut faire contre la bêtise, le jugement et l’inertie ?

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