Eva Wissenz
  • Accueil
  • Blog
  • Livres
  • Podcasts
  • Presse
  • A Propos
  • Contact
  • Instagram Linkedin Mastodon

Silence intérieur

Dimanche 30 septembre 2012, par Eva Wissenz

A la faveur de recherches que je suis en train de faire pour un livre en cours d’écriture, un livre qui va parler de la Grèce et... de la Finlande, si, si, est arrivé Le colosse de Maroussi d’Henry Miller. Et du coup me voilà bien embêtée - comment écrire la moindre ligne sur la Grèce après ça ?
Peu importe - voici un texte iconoclaste et qui fait du bien...

"Des heures d’affilée, je restais étendu au soleil, à ne rien faire, à ne penser à rien. Garder l’esprit vide, c’est un exploit, et un exploit bon pour la santé. Ne pas dire un mot de toute une journée, ne pas voir de journal, ne pas entendre de radio, ne pas écouter de commérages, s’abandonner absolument, complètement à la paresse, être absolument, complètement indifférent au destin du monde, c’est la plus belle médecine qu’on puisse absorber. Goutte à goutte, on dégorge sa culture livresque ; les problèmes fondent et se dissolvent ; les liens se tranchent doucement ; la pensée, quand on daigne s’y adonner, devient très primitive ; le corps se change en instrument nouveau, merveilleux ; on regarde les plantes, les pierres, les poissons, avec des yeux différents ; on se demande à quoi bon tant de bagarres et de luttes frénétiques ; on sait qu’il y a une guerre en cours, mais la raison, ce qui fait que les gens prennent un tel plaisir à s’entretuer - on n’en a pas la moindre idée ; on regarde un endroit comme l’Albanie - je l’avais constamment sous les yeux - et on se dit : Hier, c’était grec, aujourd’hui c’est italien ; demain ce sera peut-être allemand ou japonais ; et on le laisse être ce qui lui plaît. Quand on est en règle avec soi-même, peu importe le drapeau qui flotte sur votre tête, ou à qui appartient telle ou telle chose, ou que l’on parle anglais ou monongahéla. Il n’y a pas plus grande, plus extraordinaire bénédiction que l’absence de journaux, l’absence de nouvelles de ce que font les hommes aux quatre coins du monde, pour rendre la vie plus vivable ou invivable. Si seulement on pouvait éliminer la presse - quel grand pas en avant, j’en suis sûr ! La presse engendre le mensonge, la haine, la cupidité, l’envie, la suspicion, la peur, la malice. Qu’avons-nous à faire de la vérité, telle que nous la serve les quotidiens ?"

Partager ce texte : Mastodon Instagram LinkedIn Facebook

Pensées, fragments, poèmes et courage... continuons à partager

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?


Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

La fin du capitalisme est-elle la fin de la démocratie ?

La raison pour laquelle nous ne pouvons pas nous décourager en ces temps de hautes tensions socio-politiques, c’est que nous n’en sommes qu’au début. Notre chance c’est d’avoir vécu pendant quelques décennies une expérience concrète de la démocratie. Même imparfaite, dans toute l’histoire de (…)

Lire la suite

L’or des mots

C’est toujours un bonheur rare de ressentir l’âme du monde circuler dans un livre, de voir un écrivain capable de s’affranchir de tous les codes et les siècles pour se placer à un croisement, entre un rêve et une réalité, léger, comme en apesanteur. C’est toujours une émotion intense de (…)

Lire la suite

Nous avons raison d’y croire et nous ne sommes pas fous

Avec sa sagesse de jardinier, l’’immense Christian Bobin disait : "Il n’y a pas de plus grande joie que de connaître quelqu’un qui voit le même monde que nous. C’est apprendre que l’on était pas fou." Nous avons raison d’y croire et nous ne sommes pas fous. Des anarchistes rêvent de tout (…)

Lire la suite

L’instant de grâce

Toutes celles et tous ceux qui ont eu à traverser une obscurité sévère vous le diront, il suffit parfois d’un rien. Le sourire de fillette victorieuse de la pianiste Martha Argerich au sortir d’un passage de Chopin difficile à jouer (ici à 5:30). L’éclat de la très grande poésie de Catherine (…)

Lire la suite

Home Flux RSS Login