Il y a toujours eu une tension. Voire un conflit. C’est en chacun.e de nous et, dans le meilleur des cas, ça pousse à évoluer.
Pour moi ça aura été le conflit artiste vs entrepreneure. L’inspiration, l’intuition, la non-structure, la fantaisie, la spontanéité vs le cadre, la structure, l’anticipation, la logistique et toutes leurs copines.
Maintenant j’équilibre bien mais longtemps la tension me créait de la honte, oui la honte d’avoir une ADN d’artiste en présence d’ingénieurs, ou d’être une entrepreneuse mercantile quand je parlais à des artistes. Moi qui déteste les étiquettes, je m’y suis souvent trouvée coincée, incomprise souvent, cadenassée par mes doutes et mes insécurités, jusqu’à ce que... ça craque et que je commence à me créer ma voie du milieu.
Oser écrire "Artiste entrepreneure" sur Linkedin a été un sacré truc. Mais qu’elle fait du bien cette bienveillante fréquentation de sa profondeur comme le disait si justement Séverine Millet l’autre jour !
Étant une femme de l’être avant tout, j’ai du coup mes antennes ouvertes en grand tout le temps. Et il y a quelques temps, sur la si belle chaîne de l’émission Les Lueurs, l’écrivain E.E. Schmidt disait ceci :
"Nous sommes tous frères en ignorance. Avec l’expérience, j’habite l’ignorance différemment mais je ne sais toujours rien."
Je crois en effet que ce qui pourrait contribuer à nous faire réellement avancer collectivement c’est de revenir à l’ignorance, d’y consentir, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Ce serait quitter nos postures de puissance construites sur des réalisations, des validations ou des amas obscurs, pour accepter l’ignorance dans laquelle nous vivons tous et qui, parfois, confine au mystère. C’est vertigineux, délicieux et implique un inévitable lâcher-prise que l’on voit peu dans nos sociétés en dehors des tapis de méditation, non ?
J’ai récemment trouvé un endroit toutefois où on aide des gens comme moi (comme vous ?) à embrasser cette ignorance, à se serrer les coudes vers cette évolution à la fois personnelle, professionnelle et collective aussi un peu.
C’est un endroit pour faire un bout de chemin avec des personnes qui sont passées par là, qui ont résolu leurs propres tensions, qui vivent avec des atypies. Leur proposition c’est simplement de nous aider à "Organiser son ignorance dans un monde qui change".
C’est pas beau comme projet ça ?
C’est impossible de dire ce qu’ils font plus précisément que ça. Eux-mêmes n’y arrivent pas (love Sandrine Alves et Laurent Joudon) mais je peux témoigner qu’ils sont au top et, qu’en acceptant le lâcher-prise du pas de côté qu’ils proposent avec humour, vous allez vous régaler.
Leur créativité, et leur professionnalisme, à l’image des invités de leur podcast, est immense. Terrapeutik, Terracine (j’adore, c’est quand les prochains ?), Terratypique, un petit bout de planète qui fait vraiment du bien.
Je vous mets le lien vers leur univers ici.
Soyez curieux.
(Photographie Antoine Buttafoghi - merci)