On prend toujours un risque à rêver.
Celui de créer un rêve si fou que l’on serait tenté de tout quitter pour le suivre.
Celui de ne pas arriver à le partager et de le voir moisir.
Celui de le partager trop tôt ou de le voir filer trop vite.
Celui de le voir évoluer aussi entre d’autres mains et devenir un rêve composite.
Celui de poursuivre un rêve rêvé à plusieurs, il y a très longtemps.
Celui de le voir échouer.
Ou encore celui de le partager avec d’autres rêveurs dans des visions combinées.
Ou enfin celui de le réaliser.
Je rêve d’entraide depuis toute petite et j’ai vécu ce rêve de mon mieux de différentes façons. Dans un monde ultra-individualiste c’est un peu un défi, n’est-ce pas ?
Avec Lytefire je vis ce rêve qui grandit depuis une bonne décennie. Moi qui ne suis ni ingénieure, ni technicienne, ni bricoleuse, ni commerciale de formation ni rien de ce qu’on attendrait ici, et qui pourtant travaille en ce moment avec une des agences des Nations Unies.
Et pourquoi pas ? Parmi les options, pourquoi ne pas proposer aux fermiers, petits entrepreneurs, réfugiés, écoles et communautés une solution solaire puissante et vraiment adaptée à leur besoin quotidien en énergie de cuisson ? Pourquoi se cantonner à l’échelle domestique tout le temps ?
Ce grand rêve de voir 1 million de fours installés d’ici 2030, il est partagé avec Urs Riggenbach, Muriel Fuhrer, Joan Ogwang, Sam Rodrigues, Susanne Müller, Christian Schreiber et William Cleaver, avec Nefco - the Nordic Green Bank, tous nos clients et tous nos investisseurs.
Cette semaine, c’est un petit rien, mais Urs va travailler 2-3 jours à Sophia Antipolis, avec le programme 2A de du cycle d’ingénieurs civils Undersolar par l’Ecole des Mines et L’Industreet.
Sophia est née d’un rêve. Celui de Pierre Laffitte, qui la créa en 1969 par envie d’un lieu à part, dédié tant au progrès qu’à la sagesse.
Histoire de me cultiver un peu, j’ai lu le très beau récit que Nina Léger a fait de ce rêve réalisé. Je vous le recommande. Et pour une raison qui m’échappe un peu, ça me touche que notre rêve en devenir vienne frôler ce rêve réalisé.
Tu imagines si quelqu’un se mettait à rêver de faire pareil avec toutes les tech solidaires et protectrices du vivant ?
D’un rêve de ville à la première technopole d’Europe. 800 000 m² de bureaux, 4 500 chercheurs, 5 500 étudiants et 2 500 entreprises.
"Sophia-Antipolis n’est plus la ville de tes pensées. Si tu avais été égoïste, tu aurais gardé ton idée pour toi, là où elle ne courait aucun risque de se réaliser et où personne ne pouvait te la disputer ; mais tu es généreux, tu as décidé de l’accomplir, tu as fait ce qu’il fallait pour ça et c’est parce que aujourd’hui ton idée existe, c’est parce qu’elle devient pleinement ce que tu voulais qu’elle soit, qu’elle cesse de t’appartenir. Tu sais bien qu’aucune ville n’est un cercle parfait tracé par un homme seul, tu l’as toujours su." (p. 74)